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CNEP

Chambre syndicale française des Négociants et Experts en Philatélie

La pièce philatélique du mois

lettre 1

Certaines pièces philatéliques portent en elles une forte charge historique ou émotionnelle… Ce mois-ci, Alain Dreyfus, créateur de la Galerie Dreyfus, présente un des fleurons de la collection des classiques de France : la seule lettre connue sur laquelle un 1 franc vermillon (YT n°7) côtoie deux exemplaires du 1 franc carmin (YT n°6).


Est-il besoin de rappeler l’histoire plus célèbre des timbres français ? Emis le 1er janvier 1849, le 1 franc vermillon (YT n°7), ne tarde pas à poser problème à l’administration. Elle craint en effet que sa couleur, trop proche de celle du 40 c. orange (YT n°5), n’entraîne les postiers à commettre des erreurs, telles, par exemple, que vendre l’un à la place de l’autre. Conséquence : le 1 franc vermillon est retiré de la vente dès décembre 1849 et le stock restant (soit environ 122 000 exemplaires) est détruit. « Un an, c’est une durée de vie très courte pour un timbre ! » souligne Alain Dreyfus. « C’est ce qui explique que le 1 franc vermillon soit aujourd’hui à ce point recherché : il n’en subsiste que très peu d’exemplaires sur lettre bien margés, avec une couleur franche et un papier frais. »

Mais l’intérêt de la lettre présentée par Alain Dreyfus va bien au-delà : c’est en effet la seule connue sur laquelle le 1 franc vermillon côtoie des 1 franc carmin (YT n°6). « Il faut savoir que le timbre à 1 franc de couleur carmin a été émis au même moment que le 1 franc vermillon, en janvier 1849. » explique Alain Dreyfus. « Toutefois, le plus souvent, les bureaux de poste ne disposaient que d’une seule version du timbre, le vermillon n’ayant été distribué qu’au Bureau Central à Paris, en Algérie et dans les départements 1 à 33 de la nomenclature des Postes. Par ailleurs, les expéditeurs utilisaient quasiment toujours pour leurs envois des timbres issus d’une même feuille. C’est pourquoi l’affranchissement de cette lettre est exceptionnel. »

On le comprend, le degré de rareté de cette lettre fait qu’elle est devenue, aujourd’hui, une pièce presque mythique. « Cette lettre est passée entre les mains des plus grands experts français actuels – Calves, Brun, Behr… – qui, tous, l’ont authentifiée et signée » précise Alain Dreyfus « et elle a été, à un moment ou à un autre, la possession des plus grands collectionneurs : Roger Loeuillet, négociant en timbres-poste, éditeur du catalogue Cérès et ancien président de la CNEP, ou encore Steven Walske, président d’une importante société d’informatique de la Côte Ouest des Etats-Unis, et amoureux de la France pour y avoir effectué ses études dans sa jeunesse. »

C’est d’ailleurs lors de la dispersion de la collection Walske, organisée par les maisons Spink et Behr le en 2003 dans les salons du Grand Hôtel Intercontinental à Paris, que cette lettre a fait son retour sur le marché philatélique : « Steven Walske avait réuni le plus bel ensemble de pièces uniques pour la période classique de France, de l’origine jusque 1876. C’est bien simple : s’il avait décidé de se séparer de sa collection, c’est uniquement parce qu’il n’avait plus rien à espérer ! Il possédait déjà les pièces les plus rares et il voulait se donner le plaisir de repartir de zéro, dans un tout autre domaine de la philatélie. »

Inutile, dans ce contexte, de préciser que la vente de sa collection (également surnommée « collection La Fayette ») a déchaîné les passions. « Pour n’évoquer que les vermillons, c’est à un véritable défilé que nous avons assisté. » sourit Alain Dreyfus « Des paires, des bandes, des blocs, dans toutes leurs subtiles variations de nuances et, bien-sûr, la star des stars : le bloc de quatre du vermillon vif, fraîcheur postale, avec la variété du tête-bêche ! Je me souviens du parterre de négociants et millionnaires étrangers rassemblés pour cette vente : nombre d’entre eux avaient fait le voyage de Dallas, Singapour ou Pékin uniquement pour placer leurs enchères. »

Et de conclure : « On voit encore régulièrement, dans les catalogues de vente, la mention « collection Walske » ou « collection La Fayette » comme indication de provenance. Sachez-le prednisone for sale : les pièces concernées ont ceci de particulier qu’elles appartiennent, chacune, à la grande histoire de la philatélie française. »

 


 

Alain Dreyfus, négociant en timbres-poste depuis 1963, est le fondateur de la Galerie Dreyfus, spécialisée les pièces d’exception, et dont le catalogue actuel rassemble certains des timbres les plus rares au monde.

Galerie Dreyfus, 26 Birsigstrasse, CH-4001 Basel, Suisse. galerie@dreyfus-drouot.com   -  www.galerie-dreyfus.com

 

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Le Lundi 12 Juin 2017 à