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CNEP

Chambre syndicale française des Négociants et Experts en Philatélie

Entretien avec Benoît Gervais, président-directeur général d’Yvert et Tellier

Benoit Gervais DR FFAP

Entretien avec Benoît Gervais, président-directeur général d’Yvert et Tellier

Les catalogues Yvert et Tellier font, depuis plus de 120 ans, référence auprès des philatélistes français. Benoît Gervais, leur actuel président-directeur général, nous livre sa vision du marché du timbre et de ses évolutions.  


Vous sillonnez le monde depuis quelques temps (New-York, Taipei, Prague), entre autres expositions en 2016. Comment se porte la philatélie à l’international ?
B. G. : Elle me donne l’impression d’être en parfaite santé ! En Asie, notamment, la philatélie est en plein essor, en raison de la hausse du niveau de vie. On rencontre, sur les salons, de très nombreux « nouveaux » philatélistes, de tous âges et horizons, qui découvrent les timbres, s’intéressent et, pour certains, deviennent de véritables passionnés. Auprès de ce public, les émissions récentes de la Poste française rencontrent un vif succès. Des blocs tels que ceux sur la thématique des capitales européennes ou celui émis pour Paris-Philex 2016 avec la Tour Eiffel en gaufrage doré, s’arrachent littéralement.

Comment expliquer un tel engouement ?
B. G. : L’attrait de notre pays, en tant que pays d’Art et de culture, y est pour beaucoup : les étrangers ont envie de posséder, d’emporter avec eux un petit « bout » de France. Mais entre également en jeu la qualité esthétique des timbres français. Les Chinois, notamment, qui sont des collectionneurs dans l’âme, amateurs de beaux objets, y sont très attentifs. L’impression en taille-douce que nous sommes un des rares pays à pratiquer, déclenche chez eux une vive admiration.

En France et en Europe, quelle place la philatélie tient-elle encore ?
B.G. : Il est certain que la philatélie a, dans le monde occidental, connu un passé extrêmement glorieux (c’était, dans le monde de l’après-guerre, le passe-temps le plus répandu, et de très loin). Aujourd’hui, le contexte n’est plus tout à fait aussi dynamique, en raison de la démultiplication de l’offre de loisirs. Je pense que, pour attirer de nouveaux collectionneurs, il nous faut mieux communiquer, mieux vulgariser. La philatélie, vue de l’extérieur, peut sembler aride. Il est de notre devoir de montrer qu’il n’en est rien.

Les catalogues ont-ils autant d’attrait pour les collectionneurs qu’il y a encore 10 ans ?
B.G. : Depuis 10 ans, les catalogues Yvert et Tellier ont été profondément remaniés. Il n’est plus question pour nous de lister uniquement des cotes, mais également de multiplier les photos et les contenus. Ce n’est pas pour rien que le nombre total de pages a été multiplié par plus de 4 ! Les philatélistes y sont extrêmement sensibles. L’autre grande nouveauté est que nos catalogues sont désormais accessibles en ligne sur abonnement. Une nouvelle version vient d’ailleurs d’être activée, qui présente l’avantage d’être compatible avec les Mac et les smartphones.

Pourquoi une telle différence entre les cotes et la réalité du marché ?
B.G. : Il n’y a pas un tel écart entre les cotes, telles que nous les publions, et la réalité du marché (ou tout du moins pas plus que ce qui s’est pratiqué depuis les origines de la philatélie). Ce que certains collectionneurs ne comprennent pas, c’est que les cotes Yvert et Tellier valent pour des timbres authentiques et de belle qualité. Or, ce type de marchandise est rare… et donc cher. En revanche, et je tiens à le souligner, nos cotes ne valent pas pour des timbres trafiqués et, à plus forte raison, faux de toute pièce. Or, il se trouve, malheureusement, que ce sont bien buy kamagra online souvent ces timbres-là que l’on trouve proposés à bas prix, notamment sur Internet.

Quel est votre sentiment sur l’avenir de la philatélie dans les 5 années à venir ?
B.G. : Les 10 dernières années ont été celles de la dérégulation de la distribution, avec une multiplication des revendeurs. Cette situation a été dommageable pour la philatélie, dans la mesure où elle est allée de pair avec une perte de respect du client. Heureusement, je pense que l’effet de balancier joue à présent dans l’autre sens. Les philatélistes sont échaudés, et de moins en moins enclins à prendre des risques. Dans ce contexte, l’avenir va appartenir aux professionnels sérieux, défendant la qualité de leur marchandise et la commercialisant avec toutes les garanties nécessaires. En la matière, la CNEP a un rôle important à jouer, en se positionnant comme un véritable label.

 

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Le Mardi 25 Avril 2017 à