Restez connectés avec la cnep

Ne manquez aucun rendez-vous, suivez l'actualité de la cnep en vous inscrivant à la newsletter !

CNEP

Chambre syndicale française des Négociants et Experts en Philatélie

La pièce philatélique du mois

piece mois

Certaines pièces philatéliques portent en elles une forte charge historique ou émotionnelle… Ce mois-ci, Danièle Dutertre, négociante C.N.E.P., nous parle d’une lettre spectaculaire avec tête-bêche du Poste aérienne n°6Aa de Guyane… et nous fait (re)découvrir l’épopée méconnue de l’éphémère compagnie des Transports Aériens Guyanais.

Un peu plus de trois ans : c’est le temps qu’a duré l’aventure des Transports Aériens Guyanais (T.A.G.), de juin 1919 à octobre 1922.  Cette petite compagnie aérienne (qui comptait à son lancement 5 pilotes et 5 hydravions) s’était donnée pour mission de relier plus rapidement entre elles les principales villes de Guyane. A l’époque, il fallait en effet pas moins de 22 jours de pirogue sur le fleuve Maroni en saison des pluies pour relier Saint Laurent à Inini… En hydravion, en revanche, la durée du trajet diminuait drastiquement : seulement deux heures ! Malheureusement, le nombre de passagers et le volume de marchandise et de courrier n’atteignirent jamais un niveau suffisant pour assurer la santé financière des T.A.G. Ils furent acculés à la mise en liquidation le 30 octobre 1922. 

« Les courriers transportés par les hydravions des T. A. G. sont aujourd’hui très recherchés » souligne Danièle Dutertre, négociante C.N.E.P. « On en trouve de différents types. Des envois commerciaux, dont notamment ceux effectués par Monsieur Prussak, le directeur d’une maison de commerce à Saint-Laurent. Mais aussi des lettres très pittoresques, dont certaines écrites par des chercheurs d’or ou des chasseurs de papillons exotiques isolés en pleine forêt tropicale ! » Parmi ces lettres, certaines sont plus rares que d’autres, et c’est notamment le cas de celle avec le tête-bêche du Poste aérienne n°6A de Guyane, qui constitue un des joyaux de la collection. 

« Il faut savoir que la réalisation des timbres des T.A.G. fut confié à une imprimerie locale (l’imprimerie Chris à Cayenne) et que des erreurs furent commises » indique Danièle Dutertre. « En particulier, quelques timbres à l’effigie de Mercure furent imprimés tête-bêche, c’est-à-dire positionnés en sens inverse. Concernant le Poste aérienne n°6Aa, on ne connaît que deux lettres au monde avec cette variété spectaculaire… Celle qui fait l’objet de cet article a connu son heure de gloire en 1993 :  elle était une des pièces vedettes d’une grande exposition organisée par le Musée de la Poste sur la valeur de l’erreur en philatélie. »

Et lorsqu’on demande à Danièle Dutertre pourquoi elle a choisi cette pièce plutôt qu’une autre pour figurer dans cette rubrique, la réponse fuse aussitôt : « J’ai une relation très affective à cette lettre. Déjà, parce que, par un concours de circonstance, elle m’a été confiée deux fois à la vente au cours de ma carrière. Mais aussi parce que j’avais de l’amitié pour son dernier propriétaire, qui était le directeur du Centre spatial guyanais de Kourou. Il avait fait le choix de ne posséder qu’une seule très belle pièce dans sa collection, et il avait porté son choix sur celle-ci ! » 


Danièle Dutertre, négociante en philatélie, est établie au Palais Royal à Paris, sous les arcades de la Cour d'Honneur. Elle compte parmi ses spécialités les classiques de France, des anciennes colonies françaises et de divers pays. Son site Internet : http://www.philatelie-paris-dutertre.fr

 

Dans
Blog
Le Mercredi 01 Mars 2017 à